Il y a deux semaines, j’ai placé en contexte les chambardements économiques causés par plusieurs crises à répercussions mondiales (guerre en Ukraine, chaînes d’approvisionnement chancelantes et inflation très difficile à contenir). Cette semaine, je m’inspire encore du même article de Yung Wu, PDG du Mars Discovery District, paru dans le Toronto Star intitulé « How to stop a global downturn from stalling Canada’s growing innovation engine ». Je vais proposer plusieurs recommandations pour tenter de prévenir ce ralentissement d’une économie d’innovation croissante au Canada.
Tout d’abord, nous devrons investir dans les technologies propres pour tirer avantage des opportunités que nous présente le Plan canadien de réduction des émissions pour atteindre les cibles pour 2030. Il n’y a pas de chemin pour la carboneutralité sans innovations. De nouvelles solutions technologiques sont déjà disponibles ici au Canada et au Nouveau-Brunswick comme la biomasse. Nous devons encourager les consommateurs à adopter ces nouvelles solutions si l’on veut atteindre les cibles que l’on s’est fixées pour être carboneutre par 2050.
Il faudra également développer de nouvelles technologies comme l’hydrogène propre. L’électrification ne pourra pas combler toutes les demandes additionnelles occasionnées par l’intention d’avoir toutes les voitures et petits camions approvisionnés avec de l’électricité et des batteries par 2035. N’oublions pas non plus l’impact énorme sur la demande des métaux précieux comme le lithium qui représente d’autres occasions économiques pour le secteur minier canadien.
De plus, le Canada a tous les éléments nécessaires pour devenir un acteur principal pour la réduction des gaz à effet de serre, non seulement au Canada, mais aussi pour aider plusieurs pays européens qui n’ont pas accès aux mêmes ressources naturelles. Mais pour prendre ce rôle d’acteur principal, il faudra des politiques innovatrices et qui alloueront le Nouveau-Brunswick de devenir compétitif avec le reste du Canada et des États-Unis en termes d’innovations et de productivité. Cela inclura des programmes concurrentiels qui permettront d’attirer des investisseurs canadiens et étrangers dans notre belle province.
Par ailleurs, la nouvelle loi sur la réduction de l’inflation (« Inflation Reduction Act of 2022 ») signée le 16 août 2022 par le Président des États-Unis, Joe Biden, allouera des investissements de 737 milliards de dollars. Avec ses 369 M$ pour l’énergie et le changement climatique, elle ajoutera d’autres pressions sur notre capacité de concurrencer sur le marché américain. Avec l’abondance de nos ressources naturelles au Canada et au Nouveau-Brunswick ainsi que le déficit de ces mêmes richesses en Allemagne et plusieurs autres pays européens, nous avons une occasion unique d’augmenter nos exportations grâce à notre grande capacité de créer une économie d’exportations qui serait beaucoup plus propre que celles de plusieurs autres pays.
La dynamique mondiale bouleversée par la guerre en Ukraine présente aussi des opportunités pour le Canada pour pallier les besoins énergétiques de l’Europe de façon écologiquement responsable et plus propre que les ententes précédentes avec la Russie. Saurons-nous bouger rapidement et profiter de ces occasions qui auront des avantages écologiques et économiques pour l’Europe, le Canada et le Nouveau-Brunswick ? Tout le monde serait gagnant et la planète serait plus propre.
Avec les récents surplus budgétaires du gouvernement du Nouveau-Brunswick, nous nous devons d’investir beaucoup plus en innovation et en automatisation pour augmenter la productivité de nos entreprises pour qu’elles demeurent concurrentielles. C’est une question existentielle pour plusieurs de nos petites et moyennes entreprises qui demeurent les engins indispensables pour la santé de notre économie et pour que le gouvernement puisse offrir et financer des services de santé et d’éducation de qualité. Le Nouveau-Brunswick est un endroit idéal pour investir dans ces nouvelles technologies propres, mais cela va prendre des incitatifs concurrentiels aux autres juridictions nord-américaines pour attirer ces investisseurs dans notre belle province. Il faudra également assurer un régime règlementaire rigoureux et prévisible avec des échéanciers précis pour l’avancement de ces nouvelles technologies. Tous et toutes ensemble, nous y arriverons ! L’avenir économique de notre province en dépend !
Gaëtan Thomas
Président-directeur général du CÉNB