Chroniques
Le CÉNB soutient le projet d’étude d’une ligne aérienne directe Moncton-Paris
Depuis quelques années déjà, le Conseil économique du Nouveau-Brunswick.inc (CÉNB) promeut la diversification des marchés, notre province étant en effet la plus dépendante au marché américain (destinataires de 90% de nos exportations). Il est de plus en plus évident que ce mouvement de diversification devrait se poursuivre au-delà même du 2e mandat de Donald Trump, 47eme président des Etats-Unis. Le 19 août 2026, les nouveaux tarifs annoncés sont supposés entrer en vigueur pour nos entreprises. Cette fois-ci, même des biens et services jusqu’alors exemptés par l’application de l’ACÉUM sont visés. La stratégie américaine semble rester la même.
Quelle que soit l’issue des élections américaines de mi-mandat en novembre 2026, il est nécessaire de changer d’approche, et se tourner vers l’Europe, l’Afrique, l’Asie. Le Premier Ministre, Mark Carney, prône lui-même l’accès à ces marchés nouveaux. Cependant, les gens d’affaires ont besoin de pouvoir s’y déplacer plus rapidement. Actuellement, il faut nécessairement prévoir une escale par Montréal voire Toronto, en volant donc vers l’ouest, pour repartir vers ces destinations en direction de l’est. Les correspondances peuvent aussi occasionner des retards ou annulation de vols. Une ligne aérienne directe Moncton-Paris serait un levier de développement global.
Il suffit de penser à l’attrait touristique que le Nouveau-Brunswick, et les Maritimes, auraient à offrir aux visiteurs potentiels. Nombreux sont les français et européens qui n’ont jamais visité le Canada Atlantique, et, pour une large majorité, même pas la connaissance de l’Acadie du Nouveau-Brunswick, malgré nos liens historiques... C’est pourtant un public friand de découverte culturelle, qui viendront nombreux si du moins le trajet est facilité. Dans le cas contraire, ils se contenteront du Québec. Dans l’autre sens, de plus en plus d’Acadiens ont le goût de visiter Paris et l’Europe.
Par ailleurs, la population de la province n’a cessé de croître durant les 10 dernières années, surtout du fait de l’installation de nouveaux arrivants d’horizons très divers. Ces travailleurs, résidents temporaires ou permanents, conservent des liens étroits avec leur pays d’origine, qu’ils soient européens, africains, ou asiatiques. Nombreux également sont venus étudier au Nouveau-Brunswick et sont confrontés à un grand éloignement géographique de leurs proches. Une liaison directe faciliterait déjà les visites dans un sens ou dans l’autre, et contribuerait indirectement à leur rétention.
Je me suis impliqué personnellement dans la création du Réseau d'affaires français du Nouveau-Brunswick (RAFNB-Méridien 64). Cette association, créée en mai 2026, vise à promouvoir le développement de liens d’affaires entre la France et la province par divers moyens. Un sondage sur les usagers potentiels d’une ligne Moncton-Paris a été lancé dans le but de toucher 2000 personnes d’ici la fin août (déjà 1500 reçus). Les 1ers résultats font apparaître un besoin et un intérêt très large de la population. Répondez au sondage sur le site Web https://www.meridien64.org/
Les responsables de l'aéroport international du Grand Moncton Roméo-LeBlanc ont ainsi reçu l’association afin de discuter de la possibilité d'ouvrir une ligne aérienne entre Moncton (YQM) et Paris (CDG). Ils apprécient la collaboration à la réalisation de cet objectif commun, et discutent déjà avec le gouvernement provincial au sujet du financement d’une étude de marché préalable pour des compagnies aériennes. Si Air Canada ne saisit pas l’ opportunité, il est probable que les compagnies low-cost seront les plus susceptibles d’être intéressées par une telle ligne saisonnière. Toutefois, l’objectif final reste que la ligne offre des vols hebdomadaires à l’année.
Le CÉNB mène par ailleurs cet été, avec l’appui du Ministère de la francophonie, une enquête pour repérer parmi nos membres ceux intéressés pour offrir leurs produits et services à l’exportation, soit à travers le commerce interprovincial au Canada, mais aussi a l’international. Au cours des derniers mois, nous avons reçu une délégation d’entreprises de l’Ontario en mission économique, mais également rencontré plusieurs délégations de France. On peut imaginer que le service d’avion cargo frigorifique, que Moncton est le seul à offrir, accroisse ses volumes à l’avenir. Soutenons activement ce projet, pour les francophones, et le Nouveau-Brunswick !
Jonathan Duffaud
PDG du CÉNB-RDÉE NB