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Le Nouveau-Brunswick et la France, des alliés naturels pour les échanges commerciaux

Même s’il semble naturel pour le Nouveau-Brunswick de se tourner vers nos voisins immédiats aux États-Unis pour exporter, le récent comportement protectionniste américain suscite beaucoup d’inquiétudes, même sous l’administration de Joe Biden avec l’apparition soudaine de tarifs additionnels sur le bois d’œuvre. Nos gens d’affaires auraient donc avantage à considérer le vaste marché européen, plus particulièrement celui de la France, pour y étendre leurs activités.

Comme nous l’avons vu la semaine dernière avec l’accueil chaleureux reçu par la délégation acadienne, le Président de la France lui-même porte un grand intérêt envers l’Acadie et le Nouveau-Brunswick. Emmanuel Macron a reconnu la résilience du peuple acadien quand il a décerné le grade de Commandeur de la Légion d’honneur à Antonine Maillet. Cet intérêt de la France pour les provinces atlantiques se combine avec un Consulat général de France à Moncton et Halifax dynamique qui travaille fort pour renforcer les échanges économiques avec la France. Le moment est donc des plus propice de battre le fer tant qu’il est chaud et d’augmenter les liens économiques entre nos deux communautés.

N’oublions pas que l’Union européenne (UE) forme une des plus grandes économies mondiales où la France, la Belgique et l’Allemagne prennent un rôle de plus en plus prépondérant depuis Brexit. De plus, les experts prévoient que les chaines d’approvisionnement seront affectées par des délais en raison de nouvelles restrictions possibles entre l’Angleterre et l’UE. Déjà, Honda a fermé une usine en Angleterre, alors que Nissan a décidé de fabriquer un récent modèle au Japon au lieu de l’Angleterre. Même si ces deux entreprises prétendent que ces décisions n’avaient rien à voir avec Brexit, nous savons tous que les milieux d’affaires n’aiment pas l’incertitude. D’ailleurs, il a été rapporté en 2019 qu’environ un trilliard d’actifs de banques et du secteur financier sont sortis de l’Angleterre pour aboutir dans l’UE. Plus près de nous, nous avons vu un phénomène similaire en 1976 avec le mouvement indépendantiste au Québec sous René Lévesque. Toronto est devenue la capitale du secteur financier au pays et le Québec a perdu beaucoup de sièges sociaux de grandes compagnies. La même incertitude qui règne aujourd’hui autour du Brexit pourrait représenter des occasions à développer pour nos gens d’affaires.


Avec son bilinguisme qui représente un avantage économique, le Nouveau-Brunswick forme une porte d’entrée fort intéressante vers l’Amérique du Nord pour nos cousins européens. L’intérêt marqué de la France envers l’Acadie et exprimé de façon si concrète la semaine dernière représente une occasion de croissance à ne pas manquer. Créons davantage de liens entre nos deux communautés et nous en ressortirons tous gagnants pour propulser nos économies respectives ! Ensemble, nous y arriverons !


Gaëtan Thomas
Président, directeur-général
Conseil économique du N.-B.