logo small2x

Trois actions pour accélérer l’immigration

J’en ai déjà discuté à quelques reprises dans ma chronique et je veux faire un retour sur le sujet de l’immigration dans le contexte de pénurie de main-d’œuvre qui s’accentue au Nouveau-Brunswick. Nous connaissons tous et toutes des entreprises d’ici qui peinent à recruter les employés dont elles ont besoin non seulement pour leurs opérations quotidiennes, mais aussi pour leur croissance à court et à long terme. Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) se retrouve parmi les nombreux organismes de représentation des gens d’affaires qui considèrent l’immigration comme l’une des solutions clés à ce vaste dossier.
 
Les personnes immigrantes contribueront à combler nos besoins de main-d’œuvre dans plusieurs secteurs industriels et commerciaux au Nouveau-Brunswick. Plus particulièrement, elles pourraient œuvrer dans les industries les plus touchées par la pandémie comme l’hôtellerie et la restauration, qui peinent à trouver des gens pour leur relance.

Le CÉNB et ses partenaires proposent aux gouvernements provincial et fédéral d’accélérer l’immigration dans la province pour accueillir au moins 10 000 personnes annuellement ou 60 000 personnes d’ici 2026. L’économiste David Campbell estime que cela se traduirait par l’arrivée de 25 000 personnes dans la force de travail de la province. Cela représenterait un influx de 1,7 milliard $ au PIB et 271 millions $ additionnels en taxes et revenus pour la province.
Cependant, des actions concrètes s’avèreront nécessaires dans un avenir rapproché pour atteindre ces objectifs d’immigration :

Accélérer le développement de logements abordables. Déjà, les gens du Nouveau-Brunswick peinent à trouver un logement à prix abordable et nous devons donc augmenter le nombre d’unités de logement disponible partout en province. Ceci contribuera non seulement à procurer un endroit à vivre pour nos futurs citoyens et citoyennes, mais aidera également des gens déjà ici à trouver du logement.

Accélérer le recrutement et la rétention d’étudiants et étudiantes internationaux. La population étudiante internationale de nos institutions d’enseignement postsecondaire forme un bassin de population de futurs travailleurs hautement qualifiés. Redoublons nos efforts de recrutement pour en attirer encore plus et, une fois ici, ciblons-les pour les convaincre de demeurer dans la province après leurs études. Il est plus facile de les intégrer dans notre force de travail puisque ces personnes étudiantes connaissent déjà le milieu ainsi que la belle qualité de vie au Nouveau-Brunswick.

Accélérer la reconnaissance des diplômes. Les nouveaux arrivants et arrivantes citent souvent la reconnaissance de leurs diplômes comme l’un des principaux obstacles à leur intégration au marché du travail. Nos associations professionnelles devront augmenter leurs efforts pour reconnaitre rapidement les diplômes d’ailleurs. D’ailleurs, l’Ontario vient d’annoncer l’élimination prochaine de certaines barrières reliées à l’expérience de travail au Canada requise pour obtenir certaines certifications. Si le Nouveau-Brunswick tarde à reconnaitre la formation de gens hautement qualifiés acquise dans leur pays d’origine, ceux-ci iront s’établir ailleurs où ils pourront œuvrer rapidement dans leur domaine.

Nos défis de main-d’œuvre ne vont que s’accentuer au cours des mois et des années à venir et nous devons donc passer à l’action dès maintenant pour accélérer l’immigration de travailleurs qualifiés. Ces futurs citoyens et citoyennes répondront aux besoins de nos entreprises, enrichiront nos communautés à plusieurs niveaux et contribueront à notre économie de façon significative. Accueillons-les à bras ouverts, car ensemble, nous y arriverons !


Gaëtan Thomas
Président, directeur-général
Conseil économique du N.-B.