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La compétitivité et l’équité au cœur des enjeux électoraux fédéraux

La semaine dernière, le Conseil économique et cinq de nos partenaires économiques avons dévoilé notre liste de priorités pour la reprise économique et la croissance post-pandémie avec lesquelles nous encourageons notre futur gouvernement fédéral à choisir la croissance. Cette semaine, j’aimerais m’attarder aux recommandations entourant le pilier de la compétitivité et de l’équité, alors que les autres axes prioritaires de l’immigration ainsi que de la reprise et l’autosuffisance feront l’objet de futures chroniques.

Notre vaste pays est marqué par des régions diverses et distinctes. Pour que le Nouveau-Brunswick et la région Atlantique demeurent compétitifs à l’échelle nationale, les politiques gouvernementales doivent s’adapter à notre lentille unique pour répondre à nos défis particuliers avec des engagements spécifiques à notre région dans les plateformes électorales. Les politiques se doivent de refléter nos réalités démographiques et conditions économiques particulières pour assurer une croissance avec succès.

De plus, le gouvernement fédéral se doit de travailler avec les provinces pour éliminer les barrières commerciales interprovinciales. Selon une étude en 2019 de l’économiste Trevor Tombe de la University of Calgary, ces barrières administratives aux échanges de biens entre les provinces coûtent au pays l’équivalent de 3,8 % du PIB. Le gouverneur de la Banque du Canada, Stephen Poloz, a estimé que l’élimination de ces barrières génèrerait 2 000 $ de revenus supplémentaires par personne et environ 20 milliards $ en revenus de taxes additionnelles. Certes, des provinces ont conclu quelques accords régionaux, sans oublier l’Accord de libre-échange canadien, mais leurs termes très larges entraînent peu de changements sur le terrain. Nous en recommandons une révision pour enlever davantage de barrières au commerce, aux investissements et à la mobilité de la main-d’œuvre.

Enfin, la transition vers une économie verte représente un autre secteur où le gouvernement fédéral devra reconnaitre les impacts régionaux. Déjà, le Nouveau-Brunswick a accentué ses efforts pour réduire sa production d’émissions de carbone, mais les changements de comportement ont une portée limitée dans une province majoritairement rurale avec une faible densité de population. Des incitatifs, des crédits d’impôt ou des programmes de financement pourraient davantage aider les PME avec les coûts liés aux réductions de carbone et à la transition vers une économie verte.

Le CÉNB, de concert avec le Conseil d’entreprises du Nouveau-Brunswick, la Chambre de commerce de Fredericton, la Chambre de commerce pour le Grand Moncton, la Chambre de commerce régionale de Saint John et Manufacturiers et Exportateurs du Canada, croit donc fermement que notre prochain gouvernement fédéral devra créer les conditions pour que le Nouveau-Brunswick soit traité équitablement afin d’améliorer notre compétitivité. Des politiques nationales compétitives et équitables pour les régions assureront la croissance de l’économie et aideront notre province et notre pays à se relever des effets de la pandémie. Ensemble, nous y arriverons !


Gaëtan Thomas
Président, directeur-général
Conseil économique du N.-B.