logo small2x

Les essaims d’innovations, des éléments essentiels pour notre relance économique

L’histoire du capitalisme est ponctuée par des vagues ou des essaims d’innovations qui donnent naissance à de nouvelles forces économiques. Après la révolution industrielle, nous avons connu des vagues successives poussées par les systèmes ferroviaires, les lignes d’assemblage, l’aviation, l’Internet et, à l’heure actuelle, les changements climatiques. Une nouvelle économie a émergé de chacune de ces vagues et le Nouveau-Brunswick se doit donc d’agir pour saisir les occasions des industries qui proviendront de cette dernière vague d’innovations.


Je m’inspire cette semaine de la théorie des cycles d’innovation de Joseph Schumpeter, un économiste très avant-gardiste dans les années 1930-1950. Selon elle, le fondement et le ressort de la dynamique de l’économie sont l’innovation et le progrès technique. La technologie évolue constamment, se transforme et pousse de nouvelles technologies qui deviennent des forces économiques perturbantes aux anciennes technologies qui sont appelées à disparaître après avoir été dominantes.

Selon M. Schumpeter, le progrès technique est au cœur de l’économie et les innovations apparaissent en grappes ou essaims. Après une innovation majeure, on note souvent une innovation de rupture due à un progrès technique, voire scientifique (par exemple : la vapeur, les circuits intégrés, l’informatique, l’Internet, les nanotechnologies, etc.), et d’autres innovations sont portées par ces découvertes.

On constate alors des cycles industriels où, après une innovation majeure, l’économie entre dans une phase de croissance (créatrice d’emplois). Celle-ci est suivie d’une phase de dépression, où les innovations chassent les entreprises « dépassées » et provoquent une destruction d’emplois. Ainsi, l’industrie du charbon est en voie de disparition à cause des objectifs mondiaux de décarbonisation, ce qui ouvre la porte à plusieurs autres technologies comme les énergies propres (solaire, nucléaire, batteries, etc.).

Ces cycles économiques d’innovations causent des essaims d’innovations, mais ces cycles sont de plus en plus courts. Dans les années 1800, ils évoluaient lentement sur des périodes de 55 à 60 ans. Aujourd’hui, ces cycles économiques perturbateurs s’étalent plutôt sur une période de moins de 25 ans. Nous le constatons avec l’évolution des technologies numériques, l’intelligence artificielle, la robotique, les drones et les nouvelles technologies pour assurer des énergies propres à l’avenir pour lequel plusieurs avancent que l’électrification formera un atout majeur pour éliminer notre dépendance actuelle aux produits fossiles.

Au cœur du système capitaliste, M. Schumpeter place l’entrepreneur qui réalise des innovations de produits, de procédés, de marchés et autres. En conséquence, la croissance est un processus permanent de création, de destruction et de restructuration des activités économiques. La « destruction créatrice » est donc la caractéristique du système capitaliste qui résulte du caractère discontinu des innovations. L’innovation constante nous permet de passer à de nouvelles créations qui revitalisent l’économie continuellement. De nouveaux emplois sont créés et un nouveau cycle économique repart.

Ces analyses de Schumpeter sont d’autant plus importantes aujourd’hui, car les transformations que nous vivons sont beaucoup plus rapides et plus perturbantes. Alors, pour assurer une relance économique viable à long terme, nous nous devons d’investir dans la recherche et le développement, l’engin pour stimuler l’innovation qui est le moteur nécessaire à une relance économique. Le Nouveau-Brunswick a tous les atouts pour devenir un essaim d’innovations. Ensemble nous y arriverons !


Gaëtan Thomas
Président, directeur-général
Conseil économique du N.-B.