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Quel est le rôle des gouvernements pour promouvoir la R et D ?

Comme nous en avons discuté la semaine dernière, notre province et nos entreprises doivent innover pour assurer la relance de notre économie dans le contexte post-pandémie. Et sans effort concret en recherche et développement (R et D), peu d’entreprises pourront innover et connaitre une croissance, car les deux vont main dans la main. Voilà pourquoi la chronique cette semaine s’attarde à une autre action recommandée par l’économiste David Campbell dans son rapport sur notre relance économique, soit le rôle accru que doivent jouer les gouvernements pour promouvoir la R et D.


Selon Statistique Canada, les dépenses en R et D au Nouveau-Brunswick par les secteurs publics, privés et institutionnels ne représentent qu’un montant équivalent à un pour cent de notre PIB. La moyenne canadienne est de 1,7 pour cent du PIB, alors qu’au Québec elle atteint 2,2 pour cent, aux États-Unis 2,8 pour cent et au Japon 3,1 pour cent. Notre province occupe ainsi le dernier rang au pays et nous partageons ce podium peu enviable avec l’Alberta et la Saskatchewan.

De plus, si nous examinons les investissements de tous les bailleurs de fonds en R et D au pays, la moyenne canadienne était de 1 100 $ par personne en 2018. Cependant, au Nouveau-Brunswick, cette moyenne n’est que de 465 $ par personne. Comparativement aux investissements dans les autres provinces, le gouvernement fédéral ne consacre que 105 $ par personne en R et D au Nouveau-Brunswick, ce qui représente -43 pour cent qu’ailleurs au pays. De même, notre gouvernement provincial n’investit que 19 $ par personne, ce qui est -63 pour cent que les autres provinces canadiennes.

Ces statistiques démontrent en partie pourquoi le Nouveau-Brunswick fait piètre figure en termes de R et D et d’innovation puisque, la plupart du temps, les investissements gouvernementaux agissent comme levier et stimulent des investissements supplémentaires. David Campbell calcule que chaque dollar investi en recherche et développement par le gouvernement provincial serait multiplié par cinq en retombées économiques. Ainsi, si nous pouvions convaincre le gouvernement provincial d’augmenter l’investissement en R et D de 15 millions $ à 39 millions $ par année pour atteindre la moyenne nationale d’ici cinq ans, cela se traduirait, avec l’effet de levier, en 120 millions $ en R et D dans la province. L’effet domino serait d’augmenter le PIB de 112 millions $ et les revenus du travail de plus de 191 millions $ tout en créant plus de 1 600 nouveaux emplois bien rémunérés. De plus, nos efforts en R et D pourraient se concentrer sur des secteurs stratégiques pour notre croissance comme, par exemple, la foresterie, la pêche, l’aquaculture, l’agroalimentaire, les services en affaires et le développement de logiciels\TI. Ensemble, nous y arriverons !


Gaëtan Thomas
Président, directeur-général
Conseil économique du N.-B.