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Un plan d’action pour la reprise économique après la pandémie

La reprise de notre économie après les ravages de la pandémie représente un dossier essentiel sur lequel il faut œuvrer dès aujourd’hui avec des initiatives, des actions et des objectifs concrets. Dans cette optique, le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) et le Conseil d’entreprises du Nouveau-Brunswick ont mandaté l’économiste David Campbell de Jupia Consultants pour une étude afin de préparer le terrain aux investissements après la pandémie. Ce projet reprend et surtout complémente des objectifs similaires à ceux de la stratégie d’investissements du gouvernement du Nouveau-Brunswick, mais avec des moyens tangibles de les atteindre.

Cette semaine, je m’attarderais au premier objectif visé, soit la croissance de la population, puis j’approfondirais les autres éléments de cette étude au cours des prochaines semaines.
Les défis démographiques de notre province ont déjà fait l’objet de plusieurs chroniques et nous n’avons plus besoin de démontrer l’urgence d’agir pour augmenter notre population en déclin. La reprise et la croissance de notre économie nécessiteront un influx de 60 000 personnes d’ici 2026. Si 25 000 d’entre elles se retrouvent sur le marché du travail, notre PIB connaitrait une augmentation de 1,7 milliard $, alors que les recettes fiscales annuelles des gouvernements provincial et locaux augmenteraient de 271 millions $.

Nous devrons donc attirer des personnes immigrantes ainsi que des gens en télétravail d’ailleurs au Canada. Pour ce faire, nous devrons notamment investir davantage pour les accueillir et les retenir dans nos communautés même si nous faisons déjà bonne figure pour la rétention des nouveaux arrivants et arrivantes. Nos stratégies de développement de la main-d’œuvre devront se concentrer sur la croissance, et ce, pour toutes les régions du Nouveau-Brunswick. Un exemple serait d’augmenter les occasions d’apprentissage expérientiel pour les étudiants domestiques et internationaux afin de les inciter à découvrir le potentiel de notre province pour un emploi après la fin de leurs études. La reconnaissance des diplômes des autres pays, des logements abordables et des initiatives de rétention devront également faire partie de la solution.

Comme le souligne David Campbell, l’économie du Nouveau-Brunswick progresse peu depuis une décennie et plusieurs l’attribuent au resserrement du marché du travail et à la stagnation de la population. Cet effet se fait durement ressentir chez nos gens d’affaires qui peinent à trouver la main-d’œuvre dont ils ont besoin au quotidien ou bien pour faire croitre leur entreprise. À l’opposé, l’Île-du-Prince-Édouard a démontré qu’attirer de nouveaux arrivants et arrivantes stimule la croissance économique et elle mène le pays depuis 2010 en matière de sa croissance de l’immigration. Ceci s’est traduit par une augmentation robuste de 2,3 % par année de son PIB, un chiffre au-dessus de la moyenne nationale !

Certes, le Nouveau-Brunswick a été relativement épargné par l’impact économique de la pandémie. Ceci s’explique en partie par les investissements du gouvernement fédéral, mais ces programmes d’aide cessent peu à peu d’injecter des fonds dans notre économie. Nous devons donc trouver des piliers plus solides comme celui de l’augmentation de l’immigration pour assurer notre reprise et notre croissance après la pandémie. Ensemble, nous y arriverons !


Gaëtan Thomas
Président, directeur-général
Conseil économique du N.-B.