logo small2x

Une réforme de la gouvernance locale avec « chances égales »

Tout le monde au Nouveau-Brunswick semble d’accord avec le ministre des Gouvernements locaux et de la Réforme de la gouvernance locale, Daniel Allain, sur la nécessité d’un changement, mais peu s’entendent sur les moyens d’y arriver. Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) surveille de près ce dossier, car nous croyons fermement que le développement économique régional durable est étroitement lié à des communautés locales fortes et vibrantes et non pas seulement du ressort d’un gouvernement central à Fredericton.

Le CÉNB est entièrement d’accord avec la prémisse que des changements à la gouvernance locale s’avèrent nécessaires. Rappelons que notre petite province ne compte pas moins de 104 gouvernements locaux, 236 districts de services locaux (DSL) et 12 commissions de services régionaux (CSR). Malgré toute cette structure, plus de 30 pour cent de notre population n’est pas représentée par une personne élue localement.

Un livre vert sur la réforme de gouvernance locale a été rendu public la semaine dernière pour présenter des choix et lancer la discussion dans le cadre de la phase de mobilisation de ce long processus. Le ministre Allain a également établi dès le départ quelques règles claires. Il désire élaborer des occasions et des options, et ce, sans imposer d’amalgamation ou de fusion.

Au CÉNB, nous croyons qu’il faut éliminer les dédoublements couteux pour des services que plusieurs municipalités peinent à financer. L’Association francophone des municipalités du Nouveau-Brunswick préconise la pleine municipalisation de la province, mais comme le souligne son président Michel Soucy, il faut toutefois éviter de revenir en arrière pour créer des différences entre les régions au niveau de la richesse et de la fiscalité. Les iniquités fiscales entre les DSL et les municipalités et aussi entre les municipalités ainsi qu’entre les régions mêmes doivent être considérées et la créativité sera de mise pour les supprimer.

N’oublions pas que certaines de nos structures de gouvernance locale remontent à l’époque du premier ministre Louis J. Robichaud et de son programme « Chances égales pour tous ». Ses nombreuses initiatives ont permis à notre société de progresser et elles ont amélioré la vie des gens de toutes les régions de notre province. Dans ce même esprit, nous nous devons aujourd’hui de moderniser notre gouvernance locale pour équilibrer les inégalités et rendre toutes nos communautés capables de s’autogérer et d’avoir les infrastructures nécessaires pour un développement économique durable.

En terminant, j’aimerais féliciter et remercier toutes les personnes qui ont choisi de se présenter aux élections municipales du mois de mai. Nos futurs représentantes et représentants joueront un rôle de leadership dans cette réforme et devront travailler conjointement pour contribuer au succès de ce vaste projet de réforme de notre gouvernance locale. Ensemble, nous y arriverons !

Gaëtan Thomas
Président, directeur-général
Conseil économique du N.-B.