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La crise du logement au Nouveau-Brunswick

Notre province est confrontée à une crise du logement et nous nous devons d’agir sans plus tarder pour y remédier. Ses répercussions sur notre économie se font déjà sentir avec la flambée des prix dans le secteur immobilier et elles s’accentueront à un rythme élevé au cours des prochaines années pour affecter notre croissance à plusieurs niveaux.


L’économiste David Campbell a d’ailleurs abordé ce dossier dans son blogue la semaine dernière (www.davidwcampbell.com) et j’aimerais en reprendre ici quelques éléments forts pertinents. Ainsi, la moyenne annuelle de nouvelles maisons en construction a diminué de 30 pour cent lorsque l’on compare la période de 2010 à 2014 à celle de 2015 à 2019. Pendant ces mêmes périodes, l’augmentation de notre population a triplé pour passer d’environ 6 000 nouveaux arrivants entre 2010 à 2014 à plus de 18 000 nouveaux arrivants entre 2015 et 2019. En dépit d’un retour en force en 2020 pour le nombre de logements mis en chantier, nous devrons faire un énorme rattrapage pour accommoder l’objectif d’attirer 10 000 immigrants au Nouveau-Brunswick par année.

La logique est simple. Tous ces nouveaux travailleurs qualifiés dont nos entreprises ont tant besoin pour répondre à nos besoins de main-d’œuvre nécessiteront un logement où habiter. Que ce soit dans le Nord, le Sud, l’Est, l’Ouest ou encore en milieu rural et urbain, le défi est le même. Nous avons besoin d’un plus grand nombre de logements ! Et comme le mentionne David Campbell, n’oublions pas la pénurie de main-d’œuvre dans le secteur de la construction où plus d’un tiers des gens de métier prendront leur retraite au cours de la prochaine décennie.

Notre province doit donc accentuer ses efforts pour développer de nouveaux logements. Cela comprend des options variées comme des maisons modulaires, des résidences unifamiliales, des logements de location, des logements abordables, d’autres pour de jeunes familles, pour les étudiants internationaux, etc. Dans son récent budget, le gouvernement provincial désire consacrer 10,8 millions de dollars pour « accroître la disponibilité de logements abordables aux quatre coins de la province », ce qui représente un pas dans la bonne direction. Cependant, cela ne sera pas suffisant pour répondre aux besoins actuels et encore moins si nous voulons atteindre nos objectifs d’immigration de 10 000 nouvelles personnes par année pour assurer notre croissance à long terme.

Le mot « crise » n’est pas trop fort pour décrire la situation du logement dans notre province et nous devons donc agir dès aujourd’hui pour relever ce défi à multiples facettes. Ensemble, nous y arriverons !


Gaëtan Thomas
Président, directeur-général
Conseil économique du N.-B.