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Un plan d’actions pour propulser notre économie

Dans son discours sur l’état de la province, le premier ministre Blaine Higgs propose d’augmenter l’immigration et de rapatrier des Néo-Brunswickois pour remplir les quelque 120 000 emplois qui seront disponibles au cours de la prochaine décennie. Il désire également augmenter les investissements du secteur privé, la productivité, la diversification et les exportations pour créer une fondation pour la reprise et la croissance économique afin d’augmenter le PIB. Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) est entièrement d’accord et nous avons suggéré une approche ciblée et des solutions concrètes à M. Higgs lors de récentes discussions.


Tout d’abord, notre économie continuera de tirer de l’arrière si nous n’investissons pas dans la reprise au même rythme que nos provinces voisines. Certes, le Nouveau-Brunswick s’en est bien sorti au cours du premier stage de la pandémie, mais notre performance économique s’essouffle, notamment avec les tendances de l’emploi. Nous menions le pays de février à juin 2020 avec une croissance de l’emploi de 5,1 %. Cependant, nous sommes tombés à l’avant-dernier rang de juillet 2020 à janvier 2021 (-5,3 %) pour une performance moyenne de -1 % de janvier 2020 à janvier 2021 (la 3e au Canada). Comparativement, la Nouvelle-Écosse a mieux performé que toutes les provinces avec une moyenne de -0,3 % de janvier 2020 à janvier 2021, ainsi qu’une amélioration de 1,4 % de juillet 2020 à janvier 2021. Nos voisins ont alors connu la deuxième meilleure performance au pays tandis que nous occupions l’avant-dernier rang pour la même période.

De plus, trois études récentes prédisent que notre PIB tirera de l’arrière au pays pour les deux prochaines années, alors que les mesures de productivité et de croissance continuent de se retrouver parmi les dernières au Canada. Les tendances à long terme à la baisse pour la productivité et l’emploi dans le secteur privé n’aboutiront pas à une économie vibrante. Pour stimuler les investissements du secteur privé, une poussée sera nécessaire avec des programmes pour aider les PME. Certes, la réduction de la dette est importante et notre situation financière s’est améliorée, mais les investissements dans nos infrastructures en ont souffert, ce qui nous coutera cher à long terme.

Le CÉNB propose donc plusieurs mesures pour stimuler les investissements du secteur privé avec des actions dans les secteurs clés suivants :

- Utiliser les fonds fédéraux comme levier pour adresser nos infrastructures vieillissantes alors que les taux d’intérêt sont peu élevés ;
- Améliorer la productivité et l’efficacité des entreprises avec des programmes spécifiques pour l’automatisation, la numérisation et la robotisation des opérations ;
- Améliorer la capacité d’exportation avec des programmes d’appui ;
- Programmes incitatifs pour le tourisme et modéliser les meilleures pratiques pour mieux vendre notre province ;
- Développer un plan d’action détaillé pour atteindre l’objectif fixé de 10 000 immigrants par année ;
- Rapatrier les anciens Néo-Brunswickois et attirer de nouveaux Canadiens avec le travail à distance ;
- Développer un plan détaillé pour améliorer l’accès à l’Internet haute vitesse et le communiquer pour démontrer que nous sommes prêts pour les affaires ;
- La stratégie « Nouveau-Brunswick d’abord » devrait être élargie pour privilégier l’approche locale chez Alcool NB et les autres sociétés de la couronne.

Monsieur Higgs s’est montré très ouvert à nos solutions proposées, pourvu qu’elles démontrent un retour sur l’investissement à long terme. Il est d’accord pour travailler avec les gens d’affaires, incluant le CÉNB, pour rapidement explorer des solutions et mettre en marche des actions concrètes pour relancer et propulser notre économie. Tous comptes rendus, ce fut une rencontre positive, mais il est urgent de passer des idées et des stratégies à l’action ! Ensemble, nous y arriverons !



Gaëtan Thomas
Président, directeur-général
Conseil économique du N.-B.