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Misons encore davantage sur notre Francophonie économique

Aujourd’hui, j’aimerais continuer dans la même veine que la semaine dernière pour explorer davantage les répercussions essentielles de notre francophonie sur l’économie de la province. J’ai entamé cette réflexion après avoir pris connaissance d’un rapport* bourré d’informations pertinentes sur les retombées économiques du Sommet de la Francophonie qui a eu lieu à Moncton en 1999.

Comme mentionné dans la chronique précédente, le Nouveau-Brunswick occupe une place de choix au sein de l’Organisation internationale de la Francophonie (OIF). Il est aussi bien présent sur la scène internationale de l’éducation en assurant, depuis 2018, la présidence en exercice de la Conférence des ministres de l’Éducation des États et gouvernements de la Francophonie (CONFEMEN). L’impact de cette visibilité sur l’immigration francophone dans notre province est indéniable. Le rapport souligne ainsi que l’immigration issue des pays de la Francophonie a connu une augmentation de 77 pour cent entre 1996 et 2011 et de 37 pour cent entre 2011 et 2016. Ces nouveaux arrivants contribuent à notre économie de façon plus que significative puisque l’on estime que la valeur des nouvelles dépenses de ménages d’immigrants francophones totalise 4 milliards de dollars depuis 20 ans.

Attirer et retenir de nouveaux citoyens francophones dans notre province demeure encore aujourd’hui un dossier complexe dont nous avons déjà discuté dans ces chroniques hebdomadaires. Nous savons tous que notre province connait d’importants défis démographiques et de main-d’œuvre qualifiée. L’immigration représente une des solutions dans ce vaste dossier et nos efforts sur la scène de la Francophonie mondiale peuvent y contribuer.

Ceci m’amène à un autre élément fascinant de ce rapport sur les retombées du Sommet de la Francophonie qui est l’ouverture d’une école privée canadienne, nommée L’Acadie, en Tunisie. Cet établissement de la maternelle à la 8e année offre le curriculum francophone du Nouveau-Brunswick et verse des redevances à notre province qui, éventuellement, les réinvestira dans l’innovation pédagogique dans nos écoles.

La province souhaite d’ailleurs créer un réseau d’écoles privées à travers le monde pour y offrir notre curriculum non seulement en Tunisie, mais aussi dans plusieurs pays de l’Afrique du Nord et de l’Ouest. Ce projet s’avère des plus intéressant puisque ces enfants reçoivent une excellente éducation qui leur permettra d’accéder à des études postsecondaires au Nouveau-Brunswick et, ultimement, travailler ici. Le potentiel de ces écoles privées s’annonce énorme pour notre avenir et le recrutement d’étudiants internationaux francophones dont l’impact économique depuis 1999 est déjà évalué à plus de 310 millions de dollars sur notre province.

Tout ceci réitère donc l’importance de notre francophonie pour propulser l’économie du Nouveau-Brunswick dans de nouveaux secteurs. Notre province partage la langue française avec tous les pays de la Francophonie qui représentent un vaste bassin de partenaires économiques potentiels dans pratiquement tous les secteurs. À nous d’y miser pour en faire un levier encore plus puissant !

*Rapport intitulé « Retombées du Sommet des Chefs d’États et de gouvernements ayant le français en partage – Sommet de la Francophonie de 1999 au Nouveau-Brunswick, Canada », janvier 2020

Gaëtan Thomas
Président-directeur général 
Conseil économique du Nouveau-Brunswick