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Des choix qui s’imposent pour une pérennité à long terme

La question des travailleurs étrangers temporaires a défrayé les manchettes ces derniers temps et le Conseil économique du Nouveau-Brunswick a voulu pousser la réflexion plus loin pour vous présenter quelques facettes de ce volumineux dossier. Celui-ci affecte non seulement notre économie de façon très directe, mais aussi notre sécurité alimentaire.

Attardons-nous tout d’abord au secteur de l’agriculture puisque, de par notre climat et notre production actuelle, nous dépendons beaucoup de nos importations. En fait, les agriculteurs canadiens ne produisent que 11 % des fruits et légumes que nous consommons, ce qui n’équivaut qu’à deux portions de fruits et légumes par jour pour chaque Canadienne et Canadien, soit bien loin des recommandations de notre Guide alimentaire. De plus, le domaine agricole au Canada est le secteur d’activité le plus durement touché par la pénurie de main-d’œuvre et, au fil des années, a redirigé ses choix de cultures en fonction de cette réalité. La culture maraichère demande une main-d’œuvre beaucoup plus importante que d’autres cultures et, par conséquent, a connu une diminution. Le Canada fait donc appel à plus de 55 000 travailleurs étrangers temporaires pour combler ses besoins et un grand nombre d’entre eux se retrouvent chez nos voisins du Québec et de l’Ontario.
 
Au niveau du secteur des pêches, celui-ci nécessite aussi de nombreux travailleurs étrangers temporaires. Les usines de transformation avaient mis sur pied une série de mesures de distanciation sociale pour assurer la sécurité des travailleurs, tout en sachant pertinemment qu’elles affecteraient leur rythme de production. Mentionnons également que cette industrie essentielle à notre économie devra compenser avec une forte diminution de la demande sur les marchés mondiaux entrainés par les répercussions de la pandémie.

Choisir de fermer nos frontières aux travailleurs étrangers temporaires cause une perte de main-d’œuvre pour nos entreprises, non seulement pour la saison 2020, mais peut-être aussi pour les années à venir avec la concurrence féroce pour ces travailleurs expérimentés qui pourraient choisir de continuer à œuvrer dans les autres provinces à l’avenir. Ajoutons à cela l’arrêt et le ralentissement de leurs opérations avec les mesures de santé publique liées à la COVID-19 et nous nous retrouvons avec une situation difficile pour les entreprises de notre province.

En outre, les retombées de la pandémie mondiale ont accentué l’importance d’assurer notre sécurité alimentaire et de pallier notre vulnérabilité en produisant davantage de nos denrées alimentaires. Déjà, des pays comme la Russie ont annoncé des restrictions d’exportations de denrées essentielles comme les céréales pour protéger leurs marchés intérieurs et nous pouvons nous attendre à des effets d’entrainement sur la chaîne d’approvisionnement alimentaire mondiale.

Marie Chamberland
Présidente
Conseil économique du Nouveau-Brunswick