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L’impact du coronavirus sur le monde des affaires

Quand la Chine éternue, c’est le monde qui s’enrhume. Ces dernières semaines, le coronavirus et les personnes qui en sont malheureusement atteintes ont monopolisé l’actualité mondiale. Cette épidémie est rapidement devenue la priorité en matière de santé mondiale, au Canada et ici au Nouveau-Brunswick. Au moment d’écrire ces lignes, aucun cas n’a été signalé dans notre province, mais l’impact du coronavirus avait commencé à se faire ressentir sur le monde des affaires, non seulement à l’échelle mondiale, mais aussi au Nouveau-Brunswick.

Par exemple, l’épicentre du coronavirus en Chine a déjà affecté le transport aérien de ce pays qui a chuté de 66 pour cent, ce qui, incidemment, a réduit de 10 pour cent les émissions de CO2 du transport aérien mondial. Mais les quarantaines et les isolations volontaires en Chine se sont surtout traduites par une baisse de l’activité industrielle dans ce pays qui, de nos jours, a remplacé les États-Unis comme principal partenaire de nombreux pays. En effet, l’économie chinoise représentait près de 8 pour cent de l’économie mondiale en 2003 et cette proportion a augmenté à 20 pour cent aujourd’hui. Mentionnons que 40 pour cent de la production mondiale d’automobile s’effectue en Chine et on prévoit déjà des retards de production à cause du virus. La situation est semblable entre autre pour les produits Apple, ainsi que pour la nouvelle console de jeu de Nintendo.

Ceci peut encore sembler éloigné de notre réalité quotidienne, mais souvenons-nous que la Chine constitue un important marché pour nos exportations de fruits de mer. Plus les gens seront placés en quarantaine, moins ils se retrouveront dans les épiceries et restaurants pour consommer nos produits de la mer. Le secteur de la pêche des provinces atlantiques va surement ressentir le coup, si ce n’est pas déjà le cas.

De plus, le Nouveau-Brunswick compte de nombreuses entreprises manufacturières avec des opérations ou bien des fournisseurs de la Chine et elles se retrouvent maintenant en attente de pièces ou de produits. Cela occasionne non seulement des retards, mais pourrait également signifier des arrêts de production si la situation perdure. Tout ceci nous amène à réfléchir encore une fois à l’importance de la diversification des marchés pour éviter que de telles circonstances imprévisibles mettent en péril l’avenir et la croissance de nos entreprises.

L’annonce de nouveaux cas de coronavirus dans plusieurs autres pays dont le Canada aura également un impact significatif sur le secteur touristique. Des gens de partout éviteront de voyager, remettront les voyages non essentiels à plus tard ou même les annuleront tout bonnement en guise de précaution. Déjà, nous n’avons qu’à songer au voyage éducatif en Europe d’élèves du Nouveau-Brunswick qui vient d’être retardé et nos opérateurs en verront peut-être l’impact à leur tour au cours des prochaines semaines et des prochains mois.

Les économistes ne peuvent pas encore prédire les effets du coronavirus sur l’économie mondiale, mais ils s’accordent pour le définir comme un impact sérieux pour la première moitié de l’année 2020. Cependant, la priorité demeure la santé avec le contrôle et l’éradication de ce virus pour permettre à toutes et à tous d’être en sécurité.

Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick