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Explorons les possibilités de la francophonie européenne

Dans son discours sur l’état de la province présenté le 30 janvier dernier, le premier ministre Blaine Higgs a annoncé l’ouverture de bureau d’Opportunité Nouveau-Brunswick (ONB) en Inde et en Europe. Ce pied-à-terre de l’organisme de développement économique de la province visera à attirer de la main-d’œuvre et des investissements chez nous.

Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick voit de prime abord cette nouvelle d’un œil positif. Nous ne pouvons plus opérer en vase clos et nous devons nous ouvrir sur le monde. Installer de tels bureaux ajoutera un autre élément pour propulser notre croissance économique.

Cependant, nous aimerions souligner l’importance cruciale de prendre également en considération la vitalité de nos communautés francophones. Les gens d’affaires qui parlent le français ne sont pas nombreux en Inde, reconnaissons-le. Ouvrir un bureau dans un pays francophone de l’Europe nous semble donc essentiel. La France, la Belgique ou encore la Suisse semblent des marchés au potentiel plus qu’intéressant. Ces pays sont membres de l’Union européenne (UE) et leurs économies respectives sont en bonne santé, en plus de présenter des secteurs qui présentent déjà des affinités avec l’économie du Nouveau-Brunswick. Mais surtout, nous partageons déjà une langue commune avec ces puissances européennes.

Ouvrir un bureau d’ONB en France présenterait en outre l’avantage des liens qui unissent déjà nos deux communautés, surtout en raison du maintien du Consulat de France dans les provinces de l’Atlantique à Moncton. Lui ajouter un volet économique pour encourager davantage de partenariats d’affaires entre Français et Néo-Brunswickois nous semble un projet rempli de possibilités. Un bureau d’ONB en France pourrait coordonner ces efforts en sol français. Notre histoire commune forme déjà un lien étroit entre le Nouveau-Brunswick et la France que nous pourrions maximiser pour créer davantage de liens commerciaux et économiques.

La Belgique s’avère aussi plus qu’intéressante puisque plusieurs la considèrent comme la capitale de l’Union européenne en raison de la présence de la plupart des sièges des institutions de l’UE. Ce pays francophone présente également un potentiel élevé pour le recrutement de main-d’œuvre pour nos entreprises, ainsi que de futurs Canadiens et Canadiennes pour nos communautés.

Nous avons entendu que le gouvernement provincial considèrerait Londres pour y établir ce bureau d’ONB en sol européen. Cependant, nous ne croyons pas que cela représente un choix stratégique pour plusieurs raisons, à commencer par le fait que le Royaume-Uni s’est retiré de l’UE avec le Brexit. À partir de l’an prochain, ce pays ne sera plus lié par l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’UE. Puisque l’objectif vise à profiter de cet accord, ONB se doit d’ouvrir un bureau dans un pays membre de l’UE et un pays francophone par la même occasion. Explorons le potentiel de l’Europe francophone afin de propulser notre économique au prochain niveau.

Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick