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Le secteur privé, priorité du discours sur l’état de la province

Jeudi dernier, le premier ministre Blaine Higgs a prononcé son discours sur l’état de la province et le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) y était présent pour voir si la voix de nos entreprises avait été écoutée. Nous sommes heureux de constater que nos préoccupations ont été entendues et que le secteur privé semble former la priorité du gouvernement pour la prochaine année.

Tout d’abord, le Premier ministre a annoncé que la dette de la province diminuera de 233 millions $ avec le prochain budget. Le gouvernement s’y attaque depuis l’an dernier et il s’agit d’une nouvelle positive pour tous puisque les contribuables ont payé 10 millions $ en intérêt l’année dernière sur cette dette de 14 milliards $.

Ensuite, l’immigration a formé l’un des messages clés du discours, ce que nous saluons puisque nos entreprises font notamment face à une pénurie de main-d’œuvre. Il a été annoncé que le gouvernement provincial désire surpasser la cible initiale de 7 500 nouveaux arrivants (fixée en août 2019) pour atteindre 10 000 personnes. L’objectif s’avère très ambitieux, mais le Nouveau-Brunswick requiert des gens dans ses communautés de façon urgente pour connaître une croissance et assurer notre avenir. Cependant, la reconnaissance des titres de compétence et les formalités liées au lancement d’une entreprise représentent des obstacles majeurs à l’intégration de ces nouveaux citoyens et citoyennes. Souhaitons que le nouveau programme annoncé jeudi dernier pour accélérer la reconnaissance de leur formation et réduire les formalités atteigne rapidement les résultats escomptés.

Nous saluons la volonté du gouvernement de s’ouvrir à l’international avec l’ouverture de nouveaux bureaux d’Opportunité Nouveau-Brunswick (ONB) en Europe et en Inde pour accroitre et diversifier l’exportation. Cependant, nous suggérons de lancer un bureau en France, en Belgique ou en Suisse pour tirer profit de notre francophonie commune avec ces pays européens. La France, surtout, représente un marché prometteur pour nos entreprises en raison de notre histoire commune, nos affinités culturelles, mais aussi avec la présence du Consulat de France à Moncton qui pourrait jouer un rôle accru pour établir des liens d’affaires.

Toujours au sujet d’ONB, les trois nouvelles priorités (cybersécurité, la santé numérique et l’innovation énergétique) s’avèrent intéressantes. Toutefois, nous nous interrogeons sur les façons dont toutes les régions de la province pourront en bénéficier puisque deux de ces trois secteurs sont très centralisés à Fredericton. Aussi, comment nos entreprises des autres secteurs, comme entre autre la foresterie, les pêches, l’agriculture, les arts et la culture, ou le tourisme, se retrouveront-elles dans ces plans de développement économique ?

Le discours a également abordé le financement du développement économique avec les Fonds du Nord et de la Miramichi. Il semble avoir une volonté de retirer le facteur « politique » pour accorder ces fonds et pour centraliser le processus. Il faudra cependant s’assurer que les fonds de développement économique ne se traduisent pas par une concurrence entre les régions car elles sont économiquement différentes. Le fait d’élargir l’admissibilité aux fonds ne doit pas défavoriser une région pour une autre. Nous allons continuer à travailler avec ce gouvernement pour obtenir plus de détails sur ces fonds et sur les façons dont nos entreprises et nos communautés y auront accès.

Par ailleurs, nous soutenons la volonté de ce gouvernement de créer des réseaux stratégiques à l’échelle de la province qui permettraient aux entreprises de s’associer de nouvelles façons pour tirer parti de coûts de production plus faibles pour les aider à exporter et faire de la recherche et développement.

Somme toute, ce discours s’avère positif pour la communauté d’affaires et nous y retrouvons un grand nombre des revendications présentées à ce gouvernement par le CÉNB depuis plus d’un an. Le budget provincial déposé bientôt en mars formera la prochaine étape et, d’ici là, nous allons consulter nos membres pour connaître leurs demandes et les communiquer auprès du Ministre des finances. En ce début d’année 2020, le gouvernement provincial semble être lancé sur la bonne voie en choisissant la croissance pour soutenir notre secteur privé.

Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick inc. 
(Contenu publié dans l'édition de l'Acadie Nouvelle du 6 février 2020 : https://www.acadienouvelle.com/zone-plus/la-voix-des-affaires/le-secteur-prive-priorite-du-discours-sur-letat-de-la-province)