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Programme SEED : Modifications et interrogations

La semaine dernière, le gouvernement provincial a annoncé des modifications au programme SEED, soit le programme de Stage d’emploi étudiant pour demain, qui offrait du financement aux employeurs pour créer des possibilités d’emploi d’été pour les étudiants postsecondaires. Dorénavant, ceux-ci ne seront plus disponibles pour les entreprises et le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) s’interroge sur l’impact de ces changements sur nos communautés.
 
Certes, SEED ne formait pas la seule option à la disposition des entreprises. Mais n’oublions pas que nous sommes confrontés à un sérieux défi de main-d’œuvre qui affecte encore plus nos régions rurales avec leur population vieillissante et l’exode des jeunes. Tout programme qui crée des ponts entre les étudiants et le secteur privé est important et son rôle prenait plus d’ampleur dans le contexte actuel. SEED permettait ainsi à nos jeunes de vivre une expérience en entreprise. Pour certains, cela se traduisait aussi en un retour dans leur région natale pour travailler dans une entreprise de leur communauté, ce qui pouvait devenir un facteur dans leur motivation à y revenir après l’obtention de leur diplôme.

Soulignons également l’impact potentiel de ce changement sur l’industrie touristique. Un grand nombre de nos opérateurs touristiques, des petites ou très petites entreprises des quatre coins de notre province, n’auront plus accès à ce financement pour embaucher des étudiants pendant l’été.

Face à cette décision, nous encourageons donc nos entreprises à s’informer sur les autres programmes à leur disposition comme « Prêt pour l’avenir NB », soit un programme d’apprentissage expérientiel offert à travers les trois campus de l’Université de Moncton. Il permet notamment aux étudiants de connecter avec des entreprises pour des stages et des expériences en milieu de travail.

Enfin, mentionnons que le gouvernement a annoncé que ce seront dorénavant les députés qui décideront quels organismes seront admissibles au programme SEED dans leur circonscription. Nous nous interrogeons sur la pertinence de ce changement puisque le gouvernement précédent avait remis ce pouvoir aux fonctionnaires. Est-il raisonnable de s’attendre à ce que nos députés soient celles et ceux qui décident des récipiendaires du programme SEED ? Auront-ils assez d’information sur les besoins des organismes et des étudiants ? Quelle sera la perception des citoyens face au fait que des politiciens remettront des stages à certains organismes plutôt que d’autres ?

Plusieurs interrogations demeurent et nous osons espérer qu’un processus transparent sera mis en place et que davantage d’accent sera mis sur les autres programmes destinés à créer des ponts entre les étudiants et les entreprises.

Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick inc. 
(Contenu publié dans l'édition de l'Acadie Nouvelle du 30 janvier 2020 : https://www.acadienouvelle.com/zone-plus/la-voix-des-affaires/programme-seed-modifications-et-interrogations/)