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Pour un Consulat économique et commercial

L’annonce de la fermeture en 2022 du Consulat général de France dans les provinces Atlantique avait semé la consternation en Acadie et une importante levée de boucliers s’est vite ensuivie pour demander le maintien de ce lien entre nos deux pays. Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) a activement participé aux efforts par l’entremise de lettres d’appui et autres initiatives. Nous sommes donc des plus heureux de la décision récente du gouvernement français de conserver sa présence à Moncton.
 
Pour éviter que cette situation ne se reproduise et pour que cette présence française en Acadie soit bien plus qu’un simple symbole, nous devons maintenant réfléchir aux moyens de le rendre indispensable aux yeux du gouvernement français. Au CÉNB, nous sommes convaincus que cela peut survenir en ajoutant un volet économique et commercial à sa mission afin de créer davantage de liens tangibles entre la France et les entreprises francophones d’ici.

La France et le Nouveau-Brunswick partagent déjà de nombreuses affinités, tant au niveau de la langue que de la culture, sans oublier notre passé commun. Notre francophonie économique peut servir de pont pour faire affaire des deux côtés de l’Atlantique, une distance qui n’est qu’à quelques heures de vol.

N’oublions pas non plus que le récent Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne a aboli plusieurs droits douaniers afin d’augmenter les échanges commerciaux. L’élimination de ces anciennes barrières au commerce rend ce marché encore plus attrayant pour nos entreprises exportatrices qui se doivent de l’explorer davantage. Comme nous l’avons vu avec la difficile renégociation de l’ALÉNA, nos gens d’affaires doivent diversifier leurs opérations au-delà du marché américain pour éviter un ralentissement comme elles l’ont connu au cours des dernières années. La France pourrait servir de pied-à-terre pour lancer nos entreprises sur le lucratif marché européen, tout comme sur le vaste marché de la francophonie africaine. De leur côté, les entreprises françaises pourraient profiter de partenaires néo-brunswickois bilingues pour établir une solide présence en sol nord-américain.

Un volet économique au Consulat général de France dans les provinces atlantiques pourrait donc favoriser la création de nouveaux liens indispensables entre nos deux régions. De potentiels services offerts par le Consulat pourraient voir le jour tels que des activités de réseautage d’affaires, de missions exploratoires, de jumelage d’entreprises, favoriser la mobilité de la main-d’œuvre et la reconnaissance des diplômes pour l’attraction d’immigrants français au Nouveau-Brunswick, et bien d’autres services. Par l’entremise d’une lentille économique et commerciale, le Consulat général à Moncton rentrerait alors dans une autre dimension aux yeux du gouvernement français, et son maintien à perpétuité irait de soi.  

Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick inc.