logo small2x

Les ainés, une précieuse ressource à ne pas négliger

Les discussions sur le défi de main-d’œuvre au Nouveau-Brunswick réfèrent souvent aux défis démographiques et au vieillissement de la population pour tirer la sonnette d’alarme. Certes, le nombre grandissant de personnes qui prennent leur retraite s’avère inquiétant dans un contexte de pénurie de main-d’œuvre et imposera des décisions et des choix difficiles quant aux services offerts par la province.

Cette facette de la situation nous porte donc à réfléchir en termes de coûts et, dans cette optique, le vieillissement de notre population se traduit uniquement en dépenses et en coûts accrus. Mais qu’arrive-t-il lorsque l’on modifie notre lentille pour considérer les jeunes retraités comme une précieuse ressource humaine ?

Une étude de l’Association francophone des ainés du Nouveau-Brunswick sur l’apport économique et social des ainés souligne notamment que le pourcentage de travailleurs qui ont poursuivi des études supérieures au baccalauréat est plus fort chez les gens de 55 ans et plus. Ainsi, 24 pour cent des travailleurs de la province avec un tel niveau d’éducation sont âgés de 55 ans et plus, alors qu’ils représentent 19 pour cent de la population active.

Cette éducation, alliée à leurs années d’expérience, fait de nos ainés une ressource humaine intéressante pour contribuer à combler nos défis de main-d’œuvre à un certain niveau. Ceci demandera une flexibilité de la part des employeurs pour, par exemple, offrir des horaires allégés ou à temps partiels pour accommoder des personnes semi-retraitées. Une autre option pourrait s’avérer des contrats de courtes durées pour réaliser des projets spécifiques. Les nouvelles technologies pourraient créer un obstacle puisque certains ainés n’y sont pas familiarisés. Pourquoi pas en profiter pour jumeler une personne aînée avec un jeune adulte en début de carrière pour des échanges intergénérationnels mutuels ? Les possibilités existent et il suffit de faire preuve de souplesse et d’adaptation pour les concrétiser.

Cependant, de nouvelles politiques publiques devront être mises en œuvre pour faciliter ce projet de société comme, par exemple, des changements au régime fiscal pour permettre aux personnes retraitées de continuer à travailler sans pénalité indue sur leur pension. Des incitatifs pour les PME comme des crédits d’impôt pour réduire les charges sur la masse salariale pourraient également donner un coup de pouce.

Les défis de main-d’œuvre entravent déjà la croissance de notre secteur privé, ce qui affecte toutes nos communautés, particulièrement en milieu rural. Nous devons donc agir et mettre en place de multiples stratégies pour combler les emplois disponibles. Les ainés pourraient jouer un rôle essentiel dans la solution et contribuer à la vitalité de notre économie.

Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick