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Les plateformes sous la loupe économique

En cette dernière semaine de campagne électorale fédérale, le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) a décidé d’analyser les plateformes de chaque parti pour aider nos membres à y voir plus clair sur les questions économiques. Voici donc un survol de cet exercice, basé sur les trois priorités de nos membres en vue de ces élections :
 
Main-d’œuvre et immigration
Tout d’abord, on peut noter que l’immigration est dans la mire de tous les partis. Alors que certains émettent des plafonds, tous avancent que l’immigration doit répondre aux besoins de l’économie canadienne ou aux besoins en main-d’œuvre. Toutefois, le Programme des travailleurs étrangers temporaires semble préoccuper quelques partis, alors qu’il permet aux employeurs canadiens d’embaucher des étrangers pour combler des pénuries temporaires de main-d’œuvre et de compétences. Mettre fin au programme ou limiter le nombre de travailleurs pourrait accentuer la pénurie de main-d’œuvre du secteur agricole et celui de la transformation.

Soutien aux PME

On retrouve des déclarations ou promesses telles que « des entreprises responsables », « imposer de nouvelles normes » et « adopter de nouvelles réglementations » pour le secteur privé. Certains partis promettent de diminuer les impôts et autres coûts d’exploitation des entreprises alors que d’autres comptent augmenter certaines taxes qui toucheront directement le secteur privé. Il faut cependant faire attention lorsque l’on promet de réduire ou abolir les programmes d’aide ou subventions aux grandes entreprises, car si un autre pays offre ces subventions, cela crée un désavantage compétitif pour nos grandes entreprises. De plus, il faut demeurer prudent avec le besoin des partis « de faire payer » les entreprises. N’oublions pas que nos PME et nos grandes entreprises concurrencent à l’échelle internationale et qu’elles sont créatrice de richesse dans nos communautés.

Environnement et taxe sur le carbone

Le développement économique et la protection de l’environnement peuvent se réaliser conjointement. À l’exception du Parti populaire, tous les partis ont une section « verte » dans leur plateforme. L’aspect innovation et technologie verte prend plus de place dans le discours politique, tout comme la réduction des émissions, le maintien ou l’abolition de la taxe sur le carbone. En effet, la présente taxe sur le carbone ne semble pas être la meilleure méthode pour modifier les comportements et inspirer les entreprises à prendre le virage vert. Nous n’avons pas vu des mesures concrètes et positives pour encourager les changements verts pour les entreprises et soutenir l’innovation auprès des PME.

Alors que nous sommes dans la dernière ligne droite, les partis politiques doivent faire du secteur privé une pièce maitresse de leur campagne électorale et proposer des mesures pour favoriser sa croissance et son essor afin de faire croître l’économie de toutes les régions du pays. Je vous invite ainsi à aborder ces trois thématiques avec vos candidates et candidats, et surtout d’exercer votre droit en allant voter le 21 octobre, si ce n’est pas déjà fait.
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Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick inc.