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Après les priorités, établissons un plan d’action

Le gouvernement provincial a présenté cette semaine sa « Feuille de route pour l’avenir », soit un énoncé de priorités pour susciter les changements dont a besoin notre province.

Parmi ces priorités, nous retrouvons un secteur privé dynamisé, ce que le gouvernement propose d’atteindre avec un accroissement de notre main-d’œuvre, une augmentation des investissements du secteur privé, le soutien aux entreprises, une réduction des formalités administratives, un régime fiscal favorable aux entreprises, une augmentation de l’immigration et un climat commercial pour attirer et retenir les gens.

De prime abord, le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) voit ces priorités d’un œil favorable, car plusieurs éléments de cette annonce rejoignent notre plateforme « Nous choisissons la croissance » présentée l’an dernier lors des élections provinciales. Ces éléments touchent ainsi aux piliers d’une croissance économique sous l’impulsion du secteur privé, du développement de la main-d’œuvre et d’une gestion responsable. Toutefois, cette feuille de route gouvernementale ne mentionne pas l’exportation ou encore l’exploitation responsable des ressources naturelles. Ces deux secteurs doivent jouer un rôle crucial dans notre avenir.

Une analyse plus poussée de l’annonce des priorités nous montre aussi que celles-ci proposent de grandes lignes, mais que peu de détails sont fournis. Prenons l’exemple de la mesure de réduction de formalités administratives, ce qui sera bien accueilli par nos membres qui signalent depuis longtemps ce défi à leur croissance. Dans la plateforme électorale du Parti conservateur, celui-ci promettait de demander aux entreprises privées quels règlements et quelle bureaucratie constituent des obstacles à leur réussite. Une collaboration continue avec le secteur privé sera ainsi importante pour transformer cette promesse électorale en réalité.

Le gouvernement propose également d’accroître la main-d’œuvre, mais ne fournit pas de détails sur les moyens proposés pour augmenter le taux de participation au marché du travail. Est-ce que cette croissance se réalisera par l’immigration, la formation, l’apprentissage expérientiel, l’alphabétisation, l’orientation des personnes vers les emplois, la rétention d’étudiants internationaux, l’éducation postsecondaire plus abordable, et/ou l’embauche de personne ayant un handicap ?

Examinons maintenant la priorité « d’un gouvernement abordable et prêt à agir ». On veut ainsi offrir des services publics durables (lesquels ?), se concentrer sur les besoins de la province plutôt que nos désirs, fixer des objectifs financiers et insister pour que les programmes et services publics soient viables. Avons-nous défini ces besoins et quels sont ces objectifs financiers ? En outre, le gouvernement propose depuis son début de mandat d’éliminer les déficits et de réduire la dette, mais nous ne retrouvons pas d’objectifs plus précis dans cet énoncé de priorités.

Le CÉNB voit dans cette « Feuille de route » un pas dans la bonne direction, mais nous restons un peu sur notre faim, faute de mesures précises et de plans d’action concrets pour les accompagner. Nous osons croire que ceux-ci formeront la prochaine étape qui sera annoncée dans un avenir rapproché, selon le modèle utilisé dans le récent Plan de croissance démographique du Nouveau-Brunswick. Encore une fois, ceci demandera la consultation et la collaboration du secteur privé. Le CÉNB et les entreprises francophones de la province veulent participer aux discussions pour permettre au gouvernement d’obtenir le pouls du secteur privé. Ensemble, nous pourrons assurer la réussite de tels plans d’action afin de mettre en œuvre ces priorités pour le bien de tous les Néo-Brunswickoises et Néo-Brunswickois.

Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économque du Nouveau-Brunswick inc.