logo small2x

Le potentiel de la Francophonie économique

Le 20 mars marque la Journée internationale de la Francophonie et nous en profitons habituellement pour souligner l’importance et la vitalité de notre langue et de notre culture. J’aimerais toutefois m’attarder sur un autre aspect de la Francophonie qui passe souvent sous le radar, soit les occasions économiques justement présentes devant nous grâce à notre belle langue française.
 
Saviez-vous que le français est la troisième langue des affaires dans le monde et, qu’avec l’anglais, elle est la seule langue parlée sur cinq continents ? En misant sur le caractère francophone de nos entreprises, le potentiel s’avère donc énorme pour développer davantage de liens et de partenariats économiques dans les pays de la Francophonie.

Cette journée du 20 mars forme le moment idéal pour que nos entrepreneurs prennent quelques instants pour réfléchir aux occasions d’affaires de la Francophonie pour leur entreprise. Quels marchés devrions-nous viser ou encore quels secteurs pourrions-nous maximiser davantage grâce à notre langue ?
Les membres du Conseil économique du Nouveau-Brunswick soulignent souvent que l’un de leurs principaux défis est de trouver de nouveaux marchés et de nouveaux clients. Grâce à notre langue, nous n’avons qu’à regarder du côté du Québec pour dénicher de nouveaux partenaires, clients ou fournisseurs. D’ailleurs, des entreprises de cette province participeront surement cet été au volet économique du Congrès mondial acadien qui vise à renforcer les échanges commerciaux entre les provinces et les pays. Et en 2020, la prochaine édition de notre Rendez-vous Acadie-Québec contribuera à créer de nouveaux partenariats d’affaires entre nos deux communautés.

À l’échelle mondiale, mentionnons les occasions à saisir avec la mise en œuvre de l’Accord économique et commercial global entre le Canada et l’Union européenne qui élimine ou réduit les obstacles au commerce. Ceci ouvre grand la porte au marché européen pour nos entreprises, particulièrement en France et en Belgique avec qui nous partageons déjà des liens économiques. N’oublions pas non plus le potentiel d’exporter dans les pays francophones de l’Afrique puisque ce continent présente une nouvelle économie mondiale en émergence.

L’incertitude et la guerre des tarifs avec les États-Unis qui a entouré la renégociation difficile de l’ALÉNA ont amplement démontré l’importance de diversifier davantage nos marchés d’exportation. Nous ne pouvons plus nous permettre de mettre tous nos œufs dans le même panier et nos entreprises se doivent de percer sur de nouveaux marchés. Comme nos membres nous l’ont récemment indiqué lors de notre sondage pour les consultations prébudgétaires, les programmes d’aide à l’exportation joueront un rôle clé pour aider nos entreprises à ainsi diversifier leurs opérations sur la scène internationale.
Un autre défi d’envergure de nos entreprises est lié à toutes les questions de main-d’œuvre dont le recrutement et la rétention de travailleurs qualifiés. L’immigration économique s’avère l’une des solutions préconisées et cibler des immigrants de pays de la Francophonie élimine d’emblée l’un des principaux obstacles à une intégration réussie puisque nous partageons déjà une même langue.

La langue et la culture française de nos entreprises représentent donc un levier de développement économique que nous devons maximiser en créant de nouveaux liens d’affaires avec la Francophonie d’ici et d’ailleurs. Alors comment la Francophonie peut-elle encore plus contribuer à notre économie ? La réflexion s’impose.

Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick inc.