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Travail sécuritaire NB : Une situation qui n’est plus soutenable

Les augmentations des primes de cotisation des employeurs à Travail sécuritaire NB ont refait surface dans l’actualité récemment quand le président et chef de la direction de l’agence provinciale, Douglas Jones, a annoncé un déficit de plus de 130 millions $ en 2017. Il a reconnu que la situation n’est plus soutenable et a annoncé qu’une hausse encore plus importante des primes s’avèrera nécessaire pour 2019. À quelques semaines d’une élection provinciale, il est important de savoir comment les partis politiques en lice se proposent de régler cet épineux dossier qui affecte de près nos entreprises et leurs employés.

Un groupe de travail a d’ailleurs produit un rapport d’une quarantaine de pages sur le régime d’indemnisation des accidents de travail au Nouveau-Brunswick. Ce rapport comprend pas moins de 28 recommandations et propose des changements radicaux à Travail sécuritaire NB. Il est clair que le système actuel est brisé et nécessite des changements en profondeur immédiatement.

Rappelons que les primes des employeurs ont augmenté de 33 % en 2016 et de 15 % en 2017 et on prévoit que d’ici 2019, le système de Travail sécuritaire NB ajoutera entre 156 et 185 millions de dollars aux coûts des employeurs du secteur privé de la province depuis 2016.

En 2019, le Nouveau-Brunswick devrait être la province enregistrant les taux les plus élevés au Canada. En effet, depuis 2016, toutes les provinces du Canada ont vu leur taux de cotisation diminuer en moyenne de 8.3% alors que le Nouveau-Brunswick a vu une augmentation de 53%. Cette anomalie se doit d’être adressée immédiatement.

Les entreprises de la province doivent donc se préparer à une augmentation importante de leurs primes et trouver un moyen de financer ces coûts additionnels. Pour absorber ces importantes augmentations consécutives, certaines entreprises devront se résoudre à mettre en veilleuse des projets d’agrandissement ou de croissance, réduire leurs efforts de recherche et développement ou bien elles n’auront pas les moyens d’investir pour chercher de nouveaux clients et développer de nouveaux marchés. D’autres entreprises absorberont peut-être ces coûts supplémentaires en diminuant les heures de travail de leurs employés ou réduiront même carrément leur effectif en éliminant des postes. Bref, personne n’est actuellement gagnant dans ce dossier complexe qui touche toutes nos entreprises, leurs employés et l’économie de notre province.

Il est clair que des changements législatifs immédiats sont nécessaires pour avoir un système durable afin d’appuyer les employés et leurs employeurs. Alors, lorsque les candidats aux élections se présenteront à votre porte pour courtiser votre vote, demandez-leur comment règleront-ils le dossier de Travail sécuritaire NB et s’ils adoptent les recommandations du groupe de travail pour soutenir les employés, employeurs et l’économie de notre province.

Thomas Raffy
Président-directeur général
Conseil économique du Nouveau-Brunswick inc.