Chroniques
Vers une économie d’innovations durable — Partie I
Qu’est-ce qui s’est passé pour perturber cet équilibre économique qui semblait prévisible et durable ? Non pas une, mais trois crises mondiales ont tout bouleversé cet équilibre. Tout d’abord, la pandémie qui continue à montrer des dents a littéralement freiné l’efficacité de ce mouvement de mondialisation. Elle nous a forcés à repenser à l’importance de nos économies régionales et de la promotion des produits locaux pour redevenir autosuffisants, au moins dans les domaines critiques pour la sécurité publique. Ensuite, l’effet boule de neige de la pandémie continue d’affecter les chaînes d’approvisionnement qui sont incapables de répondre aux demandes des consommateurs, ce qui cause une inflation démesurée. Et depuis la guerre en Ukraine, les coûts en énergie spécialement en Europe sont incontrôlables, car le gaz naturel provenant de la Russie a été limité de façon considérable.
Pour les gens de la Chine et du Japon, le mot crise est constitué de deux idéogrammes : Wei (danger) et Ji (opportunité). C’est le paradoxe d’une crise. Même si la situation est très difficile, nous pouvons en profiter pour saisir de nouvelles opportunités et rebondir. Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) continue de travailler avec d’autres organismes économiques ainsi que les gouvernements provincial et fédéral pour s’assurer que ces opportunités seront saisies. Une différence positive pour le Canada depuis les années 80 est le nombre considérable d’entreprises en démarrage (« startups ») dans les secteurs technologiques et d’innovations. Cette économie d’innovations est 12 % du produit intérieur brut (PIB) national selon le « Innovation Economy Council » et l’Ontario est un des meneurs avec 16 % du PIB.
Comme je l’ai mentionné dans plusieurs chroniques précédentes, le Nouveau-Brunswick se doit d’investir beaucoup plus en innovation et en automatisation pour augmenter la productivité de nos entreprises pour qu’elles demeurent concurrentielles. Une conséquence de la récente hausse des taux d’intérêt pour contrer l’inflation est une diminution des investissements en capital-risque (« venture capital »). Ceci pourrait ralentir notre économie. Alors, il va falloir être créatif pour éviter une récession en créant de nouvelles industries comme celle de l’hydrogène à Belledune. L’économie d’innovations sera la colonne vertébrale de notre future économie. Le Canada et le Nouveau-Brunswick ont tous les éléments nécessaires pour être des joueurs clés dans cette nouvelle économie.
Gaëtan Thomas
Président-directeur général du CÉNB