Chroniques
Petites entreprises, grands marchés : les TPE et PME de la francophonie économique canadienne
Lors de « 5 à 7 » tenus durant la Semaine de la PME BDC, j'ai saisi l'occasion : j'ai demandé aux propriétaires d'entreprise de me parler de leurs bons coups, de leurs défis et de leurs angles morts. Mon objectif était assumé : récolter du terrain, du vrai, pour en faire part à mes collègues de la Table nationale des directions générales (TNDG) des réseaux de développement économique et d'employabilité à l'échelle canadienne.
Petite parenthèse : j'ai été nommée coprésidente de la TNDG pour un mandat d’un an. Concrètement, avoir deux coprésidents, ça revigore le partage du leadership et renforce encore plus fidèlement la représentation des réalités régionales. Avec l'animation des rencontres et la planification des travaux, ce rôle me permet, entre autres, de faire émerger des idées novatrices. Et ces idées, elles viennent des discussions que j'ai avec vous !
Retour aux échanges avec les entrepreneurs. Certes, un sujet s'est imposé et je ne pense pas vous surprendre : les tarifs à l'exportation. Ils font mal, de manière large et profonde. Mais des remarques m'ont particulièrement fait réfléchir. Des propriétaires de très petites entreprises m'ont parlé d'impacts tarifaires… indirects. Leurs entreprises n'exportent pas. Leurs clientèles, oui. Résultats ? Quand les ventes des clients fléchissent, la demande de services locaux suit la pente… descendante. Et pour ces très petites entreprises, aucun programme ciblé ne les rejoint : leurs marchés sont locaux ou provinciaux. Pour elles, « exporter », c'est sortir de la municipalité, de la province, parfois des provinces de l'Atlantique. Le marché visé, il est canadien et il n’y a pas de tarifs douaniers.
C'est un enjeu que j'apporterai à la TNDG — comptez sur moi. Parce qu'exporter, ce n'est pas qu’à l'international ! Comme me l'expliquait une propriétaire, ça peut aussi vouloir dire développer de nouveaux marchés à l'extérieur de sa communauté, à l'extérieur de sa province, à l'extérieur des provinces de l'Atlantique. Je veux rappeler que les propriétaires avec qui j'ai échangé font partie des entreprises de la francophonie économique canadienne et contribuent largement à l'économie nationale. Elles comptent parmi les 116 760 entreprises opérant en contexte minoritaire francophone au pays — plus de 2,9 % des entreprises totales au Canada. Elles contribuent à la vitalité économique et à la prospérité de nos communautés. Elles sont novatrices, performantes, et évoluent dans un marché de plus en plus complexe, qu'il soit local, provincial, national ou mondial.
Alors, comment aider nos TPE à exporter leurs produits et services ? Comment les brancher sur d'autres entreprises, d'autres clientèles, pour qu'elles restent dans la course ? Un propriétaire me l'a dit honnêtement : ce qu'il faut, ce sont des actions qui facilitent les contacts entre entreprises. Pas seulement des activités à grand déploiement, mais des occasions à plus petite échelle, offertes régulièrement. Parce que pour une TPE, les journées de réseautage et les missions à l'extérieur, ça coûte cher… en temps. Et le temps, c'est de l'argent. Partir une semaine pour faire des affaires quand on ne peut même pas s'offrir une semaine de vacances, c'est un luxe. D'où l'urgence de solutions plus légères, plus proches du terrain, qui connectent vite et bien.
Qu’en pensez-vous ? Quelles sont vos suggestions à cet égard ? Vous souhaitez en discuter, communiquez avec moi à
Marie-Eve Michon
Directrice du RDÉE NB