Chroniques
Assurons la viabilité et la croissance de l’industrie de production d’alcool artisanal
Le Nouveau-Brunswick compte une centaine de producteurs d’alcool artisanal présents dans 48 de nos communautés. Cette industrie en émergence contribue 24 millions $ au PIB avec des ventes de 17,7 millions $, en plus de créer 618 emplois. Cependant, plusieurs obstacles se dressent devant sa croissance et le Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB) a joint sa voix à plusieurs autres intervenants économiques pour réclamer des changements aux conditions actuelles. Ceci permettrait une croissance anticipée de 45 % d’ici trois ans pour une industrie de production d’alcool artisanal forte qui apporterait 35 millions $ au PIB avec plus de 900 emplois. Les retombées économiques sont substantielles pour le tourisme et l’agriculture et pourraient largement contribuer à notre relance économique durement affectée pendant la pandémie qui perdure.
Si le Nouveau-Brunswick doit effectivement avoir un monopole dans le domaine de la distribution d’alcool, nous pouvons convenir que les politiques adoptées par Alcool Nouveau-Brunswick (ANB) devraient, au minimum, ne pas nuire activement à la croissance du secteur privé. Il serait bon que les gouvernements à tous les niveaux fassent de la collaboration avec le secteur privé la pratique courante pour élaborer des politiques et des procédures en premier lieu. En adoptant une véritable optique commerciale, toutes les branches du gouvernement devraient prendre la position de soutenir les entreprises en démarrage et les entreprises locales, et de privilégier le « oui par défaut » dans la mesure du possible. Cette approche serait bien en ligne avec le principe de stratégie d’approvisionnement « Le Nouveau-Brunswick d’abord » et appuierait certainement la priorité du gouvernement visant à dynamiser le secteur privé. L’Association des producteurs d’alcool artisanal du Nouveau-Brunswick déplore plusieurs décisions d’ANB qui ne suivent pas ce principe et qui causent de graves dommages à cette industrie. Parmi ces politiques, mentionnons l’entreposage de produits artisanaux dans un endroit central à Fredericton, le retrait de produits des tablettes avec de nouvelles exigences de ventes minimales et le passage de 90 à 270 jours pour qu’un produit soit inscrit à ANB.
En plus de demander l’assouplissement de ces exigences, les producteurs réclament la création d’un vrai conseil consultatif. Celui-ci fournirait un mécanisme de surveillance et de contribution du secteur privé pour la résolution de conflits et pour conseiller sur les politiques. Cela devrait grandement améliorer les relations entre les deux parties. Le CÉNB croit cependant qu’il faut aller plus loin avec des actions concrètes supplémentaires. Alcool NB devrait ainsi permettre la distribution de produits locaux dans les dépanneurs pour appuyer la croissance de cette industrie. Également, des mesures devraient appuyer et même subventionner concrètement l’exportation de nos produits locaux selon l’exemple de juridictions comme la Nouvelle-Écosse où la production d’alcool artisanal est maintenant florissante grâce à un bon coup de pouce de leur province. Le Nouveau-Brunswick se doit d’investir pour assurer la prospérité du secteur privé dans notre province. De tels changements aux politiques d’Alcool Nouveau-Brunswick assureraient la viabilité et la croissance à long terme de notre industrie de production d’alcool artisanal qui contribuerait encore davantage à l’économie de toutes les régions de notre province. N’oublions pas non plus les retombées favorables qui s’ensuivront pour les secteurs touristiques et agroalimentaires qui créeront elles aussi un impact tangible sur notre économie. Ensemble, nous y arriverons !
Gaëtan Thomas
Président, directeur-général
Conseil économique du N.-B.