Chroniques
2001 : une petite équipe s’est mise en tête de faire une grande différence
En 2001, dans le village de Paquetville, une petite équipe s’est mise en tête de faire une grande différence dans l’économie francophone du Nouveau-Brunswick. À l’époque, le Réseau de développement économique du Nouveau-Brunswick (RDÉE NB) était mis en place pour appuyer des projets. Vingt-cinq ans plus tard, il est devenu le moteur lui-même : un véritable porteur de projets, un partenaire recherché, un leader assumé du développement économique dans nos communautés francophones et acadiennes. Depuis, le RDÉE NB est d’ailleurs la division du développement économique du Conseil économique du Nouveau-Brunswick (CÉNB), ce qui confirme son rôle central dans l’écosystème entrepreneurial francophone.
Vingt-cinq ans, c’est long… et en même temps, ça passe vite quand on est occupé à bâtir. Pendant que les priorités gouvernementales changeaient et que l’économie se transformait, le RDÉE NB a choisi de se transformer lui aussi. Nouvelle structure, nouvelle stratégie, nouveau mandat. On ne lui demandait plus seulement d’appuyer ; on lui demandait d’innover, de proposer, de rassembler et de prendre les devants. Il a relevé le défi.
Toujours bien enraciné à Paquetville, le RDÉE NB a grandi sans perdre son accent francophone et acadien. Il en a même adopté d’autres ; on y parcourt le monde ! L’équipe s’est agrandie, trois directions se sont succédé, les dossiers sont devenus plus complexes. Mais au cœur de tout ça, une idée simple est restée : le développement économique, ce n’est pas une affaire abstraite de graphiques et de tableaux. Ce sont des projets concrets, dans de vraies communautés, portés par de vraies personnes qui veulent rester, revenir ou s’installer ici.
Concrètement, qu’est-ce que ça veut dire, devenir « porteur de projets » ? Ça veut dire être à l’origine d’initiatives qui changent réellement le quotidien. Aider une entrepreneure à reprendre une entreprise plutôt que de la voir fermer. Outiller une PME pour préparer sa relève. Accompagner un nouvel arrivant qui veut contribuer à l’économie d’ici, mais ne sait pas par où commencer. Créer des programmes, des plateformes, des parcours qui n’existaient pas avant, et qui, maintenant, semblent presque indispensables.
C’est aussi ça, le signe d’un leadership mature : quand les projets que vous lancez deviennent des évidences. On ne se demande plus « Pourquoi ça existe ? », mais plutôt « Comment ferait-on, si ça n’existait pas ? ». En 25 ans, le RDÉE NB est passé du statut d’appui utile à celui de partenaire incontournable. Quand on parle d’entrepreneuriat francophone, de relève d’entreprise, d’employabilité, d’immigration économique ou de vitalité communautaire, son nom revient naturellement autour de la table.
Derrière les programmes, il y a aussi le RDÉE NB comme incubateur de talents. Ceux et celles qui y ont travaillé le savent bien. On y entre avec des idées, de l’énergie et un peu de stress. On y apprend à monter un projet de A à Z, à convaincre des partenaires, à naviguer entre les besoins du terrain et les exigences des bailleurs de fonds. On y développe des compétences, mais aussi de la confiance.
Pour beaucoup de jeunes professionnels et de nouveaux arrivants, un passage au RDÉE NB a été un tremplin. Certains sont ensuite allés travailler dans des municipalités, des ministères, des organismes communautaires, des entreprises privées et des coopératives. Ils et elles appliquent maintenant, ailleurs, ce qu’ils ont appris au RDÉE NB : le réflexe de consulter les communautés, le goût de l’innovation, la conviction que la francophonie économique a un avenir ici, pas seulement dans les grands centres.
En 25 ans, le RDÉE NB a donc contribué à deux types de richesses. La richesse économique, bien sûr, avec des projets, des investissements, des entreprises qui se créent, se développent et se reprennent. Mais aussi une richesse humaine : des parcours professionnels qui se construisent, des leaders qui émergent, des communautés qui prennent confiance en leur capacité d’agir sur leur destin économique.
Alors, que célèbre-t-on vraiment en soulignant les 25 ans du RDÉE NB ? Oui, des projets, des partenariats, des succès mesurables. Mais on célèbre surtout un pari tenu, celui qu’un réseau situé dans un village acadien pouvait devenir un acteur central du développement économique francophone, ici au Nouveau-Brunswick et ailleurs. On célèbre une organisation qui a accepté de changer de rôle quand le contexte l’exigeait. Et on célèbre toutes les personnes, directions, employés, partenaires, entrepreneurs, immigrants, jeunes, celles qui ont contribué, chacune à leur façon, à cette aventure collective.
Marie-Eve Michon
Directrice du RDÉE NB