Tarification du carbone et l’innovation - Budget provincial 2017-2018


Tarification du carbone et l’innovation - Budget provincial 2017-2018
Le 30 janvier 2017
Le Conseil économique du Nouveau-Brunswick inc. (CÉNB) publie son dernier commentaire de la série de trois. Chaque commentaire répondait à l’une des trois questions qui ont été posées lors des consultations prébudgétaires en novembre et décembre 2016.  
 
Le commentaire d’aujourd’hui répondra à la question : Puisque la lutte contre les effets des changements climatiques demeure un enjeu, comment les recettes provenant de la tarification du carbone devraient-elles servir à soutenir l’économie?
 
Il est important de préciser que la tarification du carbone est une politique qui vise à inciter le changement de comportements et d’habitudes chez nos entreprises et notre population afin de réduire nos émissions de gaz à effet de serre (GES).  Il n’en demeure pas moins qu’une tarification claire, maintenue et planifiée à long terme a le potentiel d’entraîner l’émergence ainsi que l’adoption de technologies qui réduisent les GES au Nouveau-Brunswick, puisque la tarification du carbone est également une politique d’innovation.  Voilà une occasion d’affaires pour nos ingénieux entrepreneurs.es de tous les coins de la province, à faire de la recherche et développement, à développer des technologies et à étendre leur marché en vendant leurs produits à l’échelle planétaire.  
 
Au CÉNB, nous croyons que la tarification du carbone doit servir à encourager le changement et l’innovation.  Par conséquent, les recettes provenant de la tarification du carbone doivent servir à récompenser les entreprises et la population qui réduisent leurs émissions de GES, à soutenir l’utilisation de technologies propres et à appuyer le développement de technologies à court, moyen et long terme pour répondre à l’augmentation du prix du carbone.  
 
Il est important de préciser que le CÉNB s’inquiète tout de même de la tournure que prendrait la tarification du carbone sur les régions, si la mise en place d’une telle taxe n’est pas planifiée judicieusement.  Les entreprises situées à l’extérieur des grands centres, qui sont plus souvent à vocation traditionnelle, plus dépendantes de l’énergie, du transport et des marchés éloignés risquent d’être plus durement touchées par la tarification du carbone.  Dans ces conditions, les recettes doivent aussi servir à assurer une équité entre nos régions urbaines et nos communautés.  Rappelons que les régions situées en dehors des grands centres n'ont pas les mêmes choix en sources d’énergie que les régions urbaines.  C’est sans compter qu’elles ne bénéficient pas de certaines infrastructures importantes telles que le transport en commun.  La tarification du carbone doit servir à innover, à réduire nos émissions de GES et non à faire migrer les entreprises, et la population, vers les grands centres (Moncton, Fredericton, Saint-Jean) au détriment des régions.  Ceci aggraverait les défis d’accès à de la main-d’oeuvre qualifiée, de décroissance démographique et de relève entrepreneuriale.  
 
De plus, la tarification du carbone requiert de la stabilité, de la prévisibilité, de l’initiative et du leadership de la part du gouvernement.  D’une part, la tarification du carbone demande une vision et la mise en place d’une stratégie à long terme.  Comme nous l’avons indiqué dans le premier commentaire de cette série (Budget provincial 2017-2018 - Le succès de nos entreprises passe par la stabilité et la prévisibilité), les entreprises que nous représentons basent leurs décisions d’affaires et leurs choix sur la prévisibilité, sur le long terme.  Depuis les trois dernières années, leurs coûts généraux d’exploitation n’ont fait qu’augmenter (salaire minimum, TVH, cotisation à Travail sécuritaire et autres).  Nos entreprises ne fonctionnent pas en vase clos; elles font des affaires localement et sur la scène internationale. Les politiques du gouvernement doivent leur permettre de graviter dans un environnement compétitif et propice à leur réussite.
 
D’autre part, la tarification du carbone nécessite que le gouvernement garantisse aux régions, avec les recettes de la taxe, des infrastructures de qualité et de l’appui dans la mise en place de solutions innovatrices et créatives pour réduire les émissions de GES.  Sans une vision, une planification et des mesures à long terme, il sera très difficile pour nos entreprises et la population d’accepter une nouvelle taxe.  Ils doivent avoir l’assurance que la tarification du carbone aura des bénéfices pour leur entreprise, leur région, leur communauté et que des occasions d’affaires y sont rattachées en matière d’innovation, et de potentiel de développement de nouveaux marchés.  
 
Marie Chamberland, présidente par intérim du Conseil économique du Nouveau-Brunswick inc. (CÉNB)   
 


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